Inglorious Basterds #DTC
J’étais parti pour écrire un petit billet sur Inglorious Basterds de Quentin Tarantino, que j’ai fini par regarder en DVD à l’occasion de mon épisode gastro-super-gémique cette semaine.

J’étais parti pour décrire ce sentiment d’excitation mêlé d’anxiété qui agitait mon esprit alors que je déchirait le cellophane avec un peu de fébrilité.
Le générique de fin est arrivé.
Je ne suis pas très calé en cinéma et ne dispose donc pas de la culture adéquate pour lire les références ou suivre le propos de la caméra. En gros, je suis assez basique comme public.
Et là j’ai ressenti comme un malaise. Mmmh. Le sentiment d’avoir apprécié la démarche formelle du cinéaste, kiffé certaines scènes, des images magnifiquement cadrées, pulsantes.
Mais avec cette question: “…et tout ça pour me dire quoi?”
Parce qu’au fond, qu’est-ce que j’en retiens? Rien. Mais alors absolument.
Et puis je me suis dit: “mon pauvre Ripit, tu es un âne mal baté, inculte de surcroît: va donc te cultiver et comprendre ce à côté de quoi tu es passé, puisque ce film a quand même été multi primé”. (mmh, oui, je suis un consumériste, pourquoi?).
Et effectivement, globalement, des critiques très positives: e.g. fluctuat, rotten tomatoes, télérama…
C’est à ce moment que je suis allé voir l’avis qu’avaient forcément donné l’un, l’autre ou les quatre de mes Connards préférés.
Bingo!
J’ai commencé par le billet du Juif intitulé “Ce qui cloche chez Tarantino“ qui m’a fait réfléchir un peu plus pour conclure que je n’étais pas d’accord avec son analyse. Ce qui m’a dérangé ce n’est pas le traitement “humoristique”, trade marké Tarentino, qui tendrait en quelque sorte à banaliser le mal, pointer la bêtise sans pour autant aller au bout de l’exercice et faire passer un message comme le font les frères Coen.
Puis je suis tombé (mmmh, en fait j’ai cherché, hein) sur le billet du Pédé: “Tarantino ou le génie dans le vide”. Et voilà. Tout y est. Pas mieux. C’est EXACTEMENT ça. (mieux dit que j’aurais jamais pu). Voilà: (attention citation extensive et Spoiler):
“…soyons clair, [le peuple juif] il n’en a à peu près rien à branler. Il a choisi cette période de l’histoire parce que les nazis incarnent la forme la plus communément acceptée de pourriture humaine, et que cela lui donnait l’occasion de laisser libre cours à son goût pour la violence, parce que massacrer des nazis, ça ne pose de problème éthique à pas grand monde. Un peu facile bien sûr, mais pourquoi pas, en effet. Par contre, Shoshanna BoudboulDreyfus qui clame, « regardez le visage de la vengeance juive », c’est une caution morale quelque peu hypocrite à la boucherie qui suit. Parce que Quentin Tarantino prend très clairement autant de plaisir à massacrer du nazi qu’à trucider Shoshanna elle-même en dernière minute pour la beauté du geste (ou étrangler avec jubilation Bridget Von Hammersmark). Parce que c’est si joli une belle poitrine criblée de balle dans une robe rouge qui s’effondre au ralenti. Et si inattendu. Et que la seule chose qui le fait visiblement bander, c’est le carnage, aveugle, sans aucune justification morale, sans aucune notion de bien ou de mal. Alors qu’il assume, jusqu’au bout.”